L’or du mali – 2011 –


Sable et lumière

Legende, jardin ruissellant d´or et de lumière dans la blancheur phosphorescente de l´aube.
Aube de l´Âme, Reminiscence, Silence et Béatitude.

Hommes et femmes, l´humanité entière d´ici, tout un peuple, ombres brillantes: profils, esquisses, vibrations, poussière, léger voile, sans nuage, nuages des teintes du chemin… à peine…, contours.
Tu dis ce qu´on ne sait pas de ce coin là d´Afrique: la paix, la prière, la peine, la fraternité.
Les mains de ceux qu`on quitte, les pas de ceux qu`on retrouve, l`eau présente comme un appel,
comme un miroir, comme une épouse du sable.

Comment reconnais-tu tout ça Irène , toi l`étrangère qui ne fait que peindre et que passer ?
La transparence, les parures, l´ébauche des gestes, l´humilité et la tendresse de leurs regards?
Comment peux tu savoir ce qui se cache derrière, derrière ce coin , ce pan de mur , cette clôture, ce chemin. Comment as tu compris le sens de cette lumière qui éclaire sans brûler?

Éclat de conscience, mystère, oui, l´énigme est tenace et elle nous interrroge.
Poudre d`or, sable fin, ocre ou jaune comme cette nuance que le coeur confond avec le soleil.
Nuées , murmures, essences à peine visibles dont tu affirmes la présence.

En référence á l´origine de cette famille humaine, ton frère Kanjoura dit : “Le bout de ton pinceau, Irène, resemble à une aiguille qui relie et rapièce les morceaux de la vieille Tente, la Première Tente, celle qui est partie en lambeaux avec les vents du temps et des combats ; ton pinceau restaure pour nous la Grande Tente des Hommes. Chaque tableau, comme une porte d`entrée dans un temple plus profond, s´ouvre sur un trésor enfoui, un secret qui attend. Parle, Irene, parle – nous encore de ce pays ici sur la terre et à la fois ailleurs… le très loin , le très proche… le sans commencement , le sans fin”.

Kanjoura Coulibaly et Annick Turner (Artistes)